Revu : Licence to Kill
10 août, 2010 à 2:52 | Publié dans Non classé | Laisser un commentaireCe qu’il y a de chouette avec les vacances, en plus de sujets journalistiques dont l’inintérêt se confond avec le taux d’images d’archives, c’est la tendance qu’on les chaînes de télé à rentabiliser leur catalogue de films achetés à vil prix. D’où la rediffusion de quelques perles, souvent déjà présentes dans toute DVDthèque qui se respecte, mais avec ce petit plaisir supplémentaire des scènes tronquées, des coupures pub (même à la télévision de service public belge…) et autre qualité sonore discutable. Allez, je sais, je pinaille… Mais c’est l’été et je suis un peu jouette. Il y a peu donc, « Tuer n’est pas Jouer » passait dans le poste ! Second et par là même dernier effort de Timothy Dalton dans le rôle de l’agent 007, cette aventure d’un James Bond vengeur porte la patte, à la réalisation, de John Glen, vieux briscard et ami de la famille, puisqu’il s’est penché cinq fois sur le destin cinématographique de la création de Ian Fleming. Autant dire que malgré un point de départ qui se veut « original », puisque Bond démissionne afin venger son ami de toujours Felix Leiter, les affaires sont rondement menées, dans un mélange de scènes d’actions explosives, de rencontres passionnelles et de conversations à double sens. Malgré l’envie de Dalton de faire de Bond (avec vingt ans d’avance ?) un personnage dur, implacable mais aussi vulnérable, les vieux reflexes ont la vie dure ! Ainsi, le « méchant », Sanchez, un trafiquant de drogue (l’excellent Robert Davi et sa tronche de vérolé) ne peut pas s’empêcher de planquer son labo de transformation de drogue dans un immense temple… lieu nécessaire de la grande explosion finale (ou presque) de tout James Bond qui se respecte.
Le scénario semble lui aussi avoir été tripatouillé pour y faire entrer des personnages et des situations qui n’ont pas leur place : « Q » n’est pas crédible une seule seconde sur le terrain, la scène de « séduction » de l’agent de la CIA handicape le récit et pour finir une « queue d’intrigue » concernant les agents des narcotiques japonais est juste présente pour justifier de façon très malhabile le lien de confiance entre Sanchez et Bond.
Plus positif, le plaisir de retrouver des cascades et des scènes d’action « réaliste ». L’écran vert est peu utiliser et les tôles froissées le sont vraiment, comme dans la scène finale, véritable déclaration d’amour enflammée de Remy Julienne aux « trucks » américains. Les limites du ridicule sont parfois dépassées, mais l’ensemble a tout de même de la gueule et l’ont imagine bien le boulot qu’il a fallut abattre pour ces quinze minutes de finale. Tout cela sans l’aide du moindre ordinateur !
Tuer n’est pas jouer signera le fin d’un ère pour James Bond… Celle d’une production ininterrompue de longs métrages depuis 1963. Empêtré dans des batailles juridiques, EON attendra 1995 pour relancer la franchise sur les écrans, avec Goldeneye… et Pierce Brosnan. Une « refonte » qui n’en est pas une puisqu’elle respecte elle aussi, quasi à la lettre, le cahier des charges établis par Albert Broccoli lors de la sortie de Dr No… Mais j’y reviendrais.
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