Critique Livre : La Forêt des Mânes, J.C. Grangé

29 octobre, 2009 at 2:59 | In Non classé | Leave a Comment

grange_maresA Paris, Jeanne Korowa, brillante juge d’instruction à la vie affective désastreuse enquête avec François Taine sur une série de meurtres particulièrement sauvages : démembrements, cannibalisme, et mises en scène macabres. Trois plantureuses Vénus atrocement dévorées, trois tableaux sanglants entre rituel et folie. Abusant de son autorité, Jeanne fait installer des micros dans le cabinet d’Antoine Féraud, le psychanalyste qui reçoit chaque semaine son ex petit ami, et tombe par hasard sur une séance étrange où un père révèle les pulsions sanguinaires de son fils autiste et son passage à l’acte. Autisme, fécondité, préhistoire : trois pistes qui mèneront Jeanne, au Nicaragua, au Guatemala, puis dans les marais argentins. Au terme de sa quête, dans la forêt des Mânes, elle découvrira une vérité qu’on aurait préféré ne jamais connaître.

Ah, va-t-il en être des romans de JC Grangé comme des épisodes cinématographiques de Star Trek ? Que je vous explique : pour les trekkies, une règle d’airain s’est établie au fil du temps. Un Star Trek sur deux surprend, divertit et casse la baraque. L’autre bascule généralement dans la formule un rien bâclée, les personnages de cartons pâtes et les aventures pas plus excitantes que l’amerrissage d’un moustique sur le lac Léman. L’année dernière, Jean Christophe Grangé nous avait enchanté, c’est le cas de le dire, avec son Miserere et ses extrémistes sectaires coursés par des flics durs à cuir. Cette année, le voilà de retour avec un tueur en série, une pointe de cannibalisme, une bonne couche de déviance psychiatrique, un louche d’exotisme, juste ce qu’il faut d’exploration scientifique et un personnage féminin aux reliefs faussement compliqués. Le tout pourrait encore se lire avec plaisir – on ne peut pas enlever à Grangé ses qualités d’écrivains, son sens du suspense et le sérieux de ses recherches – si de fâcheuses invraisemblances ne venaient nous arracher, de loin en loin, au flot de la narration. Une juge d’instruction qui se déguise en pompier pour sauver son ami des flammes ? Une écoute « pirate » qui débouche sur une série d’indices essentiels à l’éclaircissement du mystère ? Face à un tel festival on n’est même plus surpris lorsqu’arrive un final qui sacrifie aux règles encore et toujours convenues du pseudo « retournement de situation » téléphoné.

Reste un thriller de bonne facture formelle… Mais qui résonne, fondamentalement, comme une redite aux chemins tortueux… mais balisés.


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