Un Roman Français, la rentrée de Fred !
4 septembre, 2009 at 9:26 | In Non classé | Leave a Comment
Et oui ! Parfois il m’arrive de lire d’autres trucs que des histoires pleines de serial-killers, de voitures de police et d’autopsies improvisées en gros plan par des adeptes du couteau de boucher rouillé ! Vous savez, ces romans avec des couvertures toutes simples (ici, elle est jaune pâle…) dotée d’un bandeau qui hurle à la face du monde le nom de l’auteur (parce que, de toute façon, le titre, y a des chances que personne ne va le retenir…) et dont les journaux/radio/télés parleront durant les quinze premiers jours de la rentrée littéraire (cet étrange embouteillage livresque qui ne semble se définir qu’en nombre de titres sortis, en polémiquettes et autres « premier roman » de jeune femme apparemment propre sur elle qui ont passé leur été à se faire prendre par des danois (les chiens, pas les étudiants au(x) paire(s)), ça y est je viens d’inaugurer l’effet de la parenthèse dans la parenthèse, je vous dis pas le bazar quand je fais devoir refermer tout cela… Il va y avoir des courants d’air, c’est certain.)
Où en étais-je ? Ah oui, j’ai lu le dernier roman de Fred. Ah lala. Fred, je l’aime bien. Oui., Lorsqu’il prend la pose sur le plateau de Canal Plus, ou qu’il s’amuse à mettre notre époque en boite, au fil de magnifiques mises en abîme où les publicitaires shootés et les femmes faciles défilent comme à la parade entre deux name-droping bien casse burne pour le landerneau du show-bizzzzz. C’est blinquant, c’est drôle et surtout cela dit pas mal de chose sur notre époque… Mais là, Fred, je dois bien avouer que j’ai trouvé la lame un peu émoussée. Tu me diras que tu préviens dés le départ. Tu vas te retourner sur une enfance plutôt banale, tu avoues que tu as plutôt vécu le cul dans le beurre et que tes jérémiades risquent de passer pour les braillements un peu ridicules d’un pauvre petit garçon riche qui n’ose pas regarder la réalité en face… Et surtout tu t’empresses à tour de page d’accuser, de façon un peu bateau tu en conviendras, la société, l’évolution des mœurs ou encore les résurgences psychanalytiques, de tous tes maux. Ce que j’ai adoré dans ce roman c’est lorsque tu t’accuses d’avoir été un enfant avec un esprit d’adulte… Puis un adulte avec un esprit d’enfant. Je n’ai pas ton sens de la formule, mais tu te souviens du passage, je suppose ? Ailleurs, c’est toi qui hurle aussi que les parents s’explosent l’esprit à force de tout sacrifier à leur progéniture, de s’oublier dans un obligatoire sacrifice sur l’autel de la génération qui vient… Tu ne m’en voudras donc pas de reprendre l’argument et de ne pas sacrifier mon esprit critique et mon plaisir de lecteur à l’enfant-gâté de la littérature qui a rédigé ce roman français. Il ya des fulgurances dans tes pages de rentrée Fred, des vrais morceaux de tendresse et d’émotions… Mais il y aussi des accès de nombrilisme fatiguant, des croisades puériles, des clichés que tu as toi-même trop bien explosé/exposé dans tes autres romans. Je crois que tu as écrit ce roman avec sincérité, mais avec le nez collé contre le rétroviseur… Du coup, la route devant, l’intérieur de la berline, le décor, tout ça… C’est de l écriture automatique, de la provoc’ de prisu et du bon mot en boite. Je voudrais bien que tu oses, Fred. Ecrire un autre livre de Beigbeder. Comme Windows of The World tiens…
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