You’ve got phone mail !
18 avril, 2011 à 10:20 | Publié dans Non classé | Laisser un commentaire
Vous savez, lecteurs et lectrices vénérés, ce qui me gave par-dessus tout ? La paresse de la critique. Non, mais, je m’explique. Pour préparer cette petite chronique, je me fends d’une simple recherche sur Google. « L’appel de L’Ange, critique, Musso ». Histoire de voir ce que les autres en disent, yes ? No. Parce que mis à part les chiffres de vente, les comparaisons dépassées avec Marc Levy et les considérations plus ou moins esthétiques concernant la couverture de cet opus 2011 de l’œuvre de Guillaume Musso, j’ai toutes les difficultés du monde à découvrir, sous l’avalanche de poncifs et de raccourcis, une once de réflexion sur le texte. Et avec près de 400 pages au compteur, il y aurait à dire non ? Apparemment, cela n’intéresse pas trop… Comme si le succès, insolent j’en conviens – à voir les jeunes demoiselles se pâmer dans les allées du Salon du Livre de Paris, je propose à Guillaume de signer un accord promo avec Axe, l’effet semble garanti – devait définitivement éclipser le travail de l’écrivain. Eh bien, désolé, mais chaque année, moi, les mots, les phrases, les chapitres, du « nouveau Musso » je les lis avec attention… et avec énormément de plaisir.
Je ne vous cache pas que lorsque les premières infos ont filtré à propos de cet Appel de l’Ange, je me suis surpris à frétiller du cortex. De la bouche même de l’auteur, il s’apprêtait à quitter les rivages de la pure comédie romantique aux accents fantastiques, pour tailler la route vers les contrées du thriller. Un peu moins Serendipity et un peu plus Die Hard, cet Appel de L’Ange ? Hop hop hop, pas trop vite. Il est question ici d’une évolution… pas d’un bouleversement.
Dans sa première partie, l’aventure prend des atours classiques : un ancien chef superstar, cousin éloigné de Jamie Oliver, échange accidentellement son portable avec une jeune fleuriste, ancien agent de la police de Manchester. Technophiles distraits l’un comme l’autre, ils conservent une bonne partie de leur vie dans les entrailles de leur Smartphone. Poussés par la curiosité, sentiment humain s’il en est, ils vont fureter dans leur passé respectif. Et tomber sur un os…
Il fallait oser. Débuter cet Appel de l’Ange comme une comédie romantique – avec personnages secondaires attachants, décors de rêve, prémisses cousues de fil blanc – et soudain changer de braquet lorsqu’un des protagonistes se prend une balle dans la tête. Enfin… Fallait oser… Guillaume Musso devait oser, plus exactement. Et il ose avec intelligence, le bougre ! Lisez les cent premiers feuillets de ce roman et vous ne douterez pas une seconde de vous trouver en terrain connu. Conquis même. Et puis soudain, la brisure. Le choc. Les références qui se durcissent, les personnages qui se mettent à souffrir dans leur chair… Et les nuages qui s’accumulent, au fur et à mesure que le passé des deux héros enserre le présent dans ses tentacules poisseux.
Ce n’est pas encore Usual Suspect ou Les Affranchis, mais on sent Guillaume Musso tenté par l’idée d’entrer de plain-pied dans un univers sombre, de tisser le destin de personnages peu recommandables, voire totalement infréquentables. Ce qui le retient ? Sans doute son indécrottable optimisme, cet amour de l’être humain qui habite chacun de ses romans. Aussi tourmenté que soit le ciel chez Guillaume Musso, on devine que le soleil se cache quelque part, juste derrière l’averse. Et c’est sans doute pour cela que les lecteurs sont chaque jour plus nombreux à l’adorer… Même lorsqu’il massacre sans pitié une meute de chiens enragés !
Sombre Génétique
18 avril, 2011 à 10:18 | Publié dans Non classé | Laisser un commentaire
Une jeune scientifique spécialiste de l évolution des espèces, retrouvée morte, attaquée par un primate.
Onze hommes derrière les barreaux. Leurs points communs : tous ont commis des crimes barbares et tous sont… gauchers.
Enfin, la découverte d une famille de Néandertaliens assassinée par un Cro-Magnon.
Quel est le rapport entre ces affaires et des crimes éloignés de 30 000 ans ?
Je sais que Johnny Halliday n’en n’est plus là, mais il semble bien que Franck Thilliez soit en passe de reprendre le flambeau… Hein ? Non, je vous rassure – ou pas – le sauvage du Nord, Franckie Le Bistouri n’a pas pour objectif de remplir le stade de France… Mais simplement de nous confirmer ce que son talent d’auteur martèle depuis huit romans déjà : noir c’est noir et il n’y a plus d’espoir ! Ou presque. Au petit jeu des comparaisons, Franck navigue dans les eaux sombres d’une Mo Hayder, ou d’un Michael Marshall. Personnages sombres et torturés, maladies mentales, ambiances poisseuses, sentiments à vif… Et au final l’impression terrible que personne, mais vraiment personne, n’est à l’abri dans l’univers de Gataca. Mais s’il ne s’agissait que de noirceur d’âme, de douleurs policières ou encore de tortures psychologiques… Informaticien de formation, Thilliez adore baigner son intrigue dans un bouillonnement scientifique étudiés aux petits oignons. Ce qui fait de ces romans des excursions totales, où le lecteur se déchirent les tripes sur les récifs acérés du récit et se nourris également l’esprit des théories les plus fascinantes. Une véritable montagne russe qui laisse, une fois Gataca refermé, une envie d’en savoir plus, de se jeter sur son moteur de recherche préféré pour savoir « si tout cela est vrai ». Et une envie aussi de poursuivre l’aventure aux côtés des deux personnages principaux, Franck Sharko et Lucie Hennebelle, magnifique couple de limiers écorchés vif qui méritent enfin un peu de répit… Un répit de courte durée puisqu’après un huit clos en octobre prochain, Thilliez la Terreur du Nord, retrouvera son duo en 2012. Point besoin de dire que l’on s’en réjouit d’avance !
Le papa polar !
6 février, 2011 à 10:09 | Publié dans Non classé | Laisser un commentaire
Lorsque le cadavre de Jean-Paul Mignard, jeune et fringant président du Parti Chrétien Historique, est retrouvé dans les bureaux de la rue du Temple, le petit monde judiciaire et politique belge entre en ébullition. Un bouillon d’autant plus brûlant que les négociations pour la formation d’un gouvernement s’éternisent, alors que Wallons et Flamands se regardent comme des bêtes curieuses, venues de planètes décidément différentes…
Cinq petites lignes de résumé et vous avez compris dans quel univers Philippe Moureaux situe son premier polar : celui des romans à clés, des fictions politiques à tendance référentielle, des récréations littéraires où le jeu consiste autant à tenter de débusquer l’assassin… que de deviner qui se cache derrière les divers personnages caricaturés par l’auteur.
Sur un rythme plutôt pédestre, on traverse donc la Belgique du nord au sud, alors que se dénoue les fils d’une intrigue où surgissent plus ou moins grimés, tous les acteurs de notre quotidien médiatique et politique : jeunes politiciens aux dents longues, aristocrates désœuvrés, flics désabusés, juge d’instructions poussés au fesses par la presse, extrémistes flamands déguisés en flèches politiques, souverain en colère… La liste est longue et ressemble à s’y méprendre à une compilation des manchettes de la presse depuis les élections de juin dernier.
Mais au-delà de ce systématique théâtre de marionnettes, Philippe Moureaux nous dévoile-t-il une âme d’auteur de polar ? Pas vraiment… L’intrigue est trop classique et le développement trop factuel pour que vibre la fibre sombre des véritables amateurs de cirés humides et de rigoles sanglantes. Par contre, l’écriture est ciselée, l’ambiance délicieusement surannée et les dialogues particulièrement travaillés… à mille lieues des staccatos à l’emporte-pièce influencés par le modernisme des médias audio-visuels. Dans l’état, La Soupe Chinoise parait un peu suspendue dans le temps, avec son intrigue au décor ultra-actuel et son style qui élude l’évolution du roman noir depuis Simenon. Etrange et fascinante anomalie temporelle et littéraire… Reflet de notre Belgique, elle-aussi suspendue entre deux époques ?
La Soupière Chinoise, de Philippe Moureaux, Editions Luc Pire
PS : Bravo au passage pour la couverture du livre, sobre et classe !
Livre : Sans un Adieu, de Harlan Coben
10 octobre, 2010 à 9:13 | Publié dans Non classé | 1 Commentaire
Aux Etats-Unis et en Australie, en 1960 et 1989 Laura Ayars et David Baskin, l’ancien top model devenue femme d’affaires et la superstar de l’équipe de basket de Boston : un couple béni des dieux ! Pour profiter de leur lune de miel à l’abri des regards, les deux amants partent en Australie. Mais il suffit qu’ils se séparent quelques heures pour que la tragédie frappe… David disparaît, en laissant un simple mot : ” Je suis parti nager. N’oublie jamais que je t’aime… ” Mort par noyade : quand le verdict tombe, Laura a du mal à y croire. Et quand quelques mois plus tard, un inconnu surgi de nulle part remplace David dans l’équipe des Celtics avec un jeu identique au sien, le doute s’insinue dans l’esprit de la jeune femme et sème le trouble parmi ses proches. Déterminée à découvrir la vérité, son enquête va emmener Laura plus loin qu’elle ne l’aurait jamais imaginé, trente ans plus tôt, sur les traces de ses propres parents, de leurs mensonges et de leurs crimes…Mais quelqu’un est prêt à tout pour empêcher le passé de resurgir, même à tuer…
Harlan Coben, dans la préface de ce roman (écrite en 2010, contrairement au roman qui date des années 90), a l’honnêteté de prévenir le lecteur. « Si vous pensez avoir entre les mains un nouvel opus d’Harlan Coben, reposez le gentiment dans le rayon avant de dépenser sottement votre argent… ». De fait. Cet opus, l’un des premiers écrit par l’auteur de « Ne Le Dit à Personne » alors qu’il était encore en « recherche » de son style n’a pas grand chose à voir avec les thrillers efficaces et secs qui déboulent chaque année au printemps. Avec une bonne dose d’indulgence, certains diront pourtant que tout y est : les personnages attachants, le passé trouble, les fins de chapitres en forme de point d’interrogations, une structure assez tordue pour maintenir le lecteur éveillé jusqu’au bout de la nuit… Je préfère pousser une petite gueulante contre l’éditeur anglais de Coben, à l’origine de ce « coup ». Non, le fait que le géant créateurs des aventures de Myron Bolitar soit devenu aujourd’hui un écrivain diablement efficace ne réhabilite en rien ce premier essai. « Sans un Adieu » est long, horriblement long. Les personnages sont découpés à la serpe… Et surtout, le suspense est téléphoné, avec, dès les premières pages, des inserts qui divulguent aux lecteurs, avec la finesse d’un trente tonnes, les tenants et les aboutissants de l’intrigue. Et l’état, ce premier essai ressemble à une copie de travail, un brouillon au sein duquel le « vrai » Coben aurait pu trancher avec allégresse pour en extraire un roman de qualité. Encore que, de nos jours, l’histoire du type qui change de visage pour disparaitre, cela ressemble à une grosse ficelle pour série télé en rupture d’acteur, non ? Ah zut, j’ai vendu la mèche. Heu… Epargnez vous le voyage alors !
Faire part de naissance ;)
2 octobre, 2010 à 11:56 | Publié dans Non classé | Laisser un commentaireNaître au monde du polar et du thriller, voilà un souhait que je chérissais depuis un certain temps. Après l’écriture de “35 MM” je savais qu’il me fallait faire la cassure avec mes activités de chroniqueurs, ou encore les romans que j’ai eu le chance de publier fin des années 90. Sans les renier, bien entendu…
Il s’avère simplement que c’est une démarche nécessaire pour moi.
Une sorte de remise à zéro du compteur.
C’est de là qu’est né Christophe Collins.
Il a son blog : http://christophecollins.wordpress.com
Son profil Facebook (devenez son ami !) : http://www.facebook.com/home.php?#!/profile.php?id=100001474219334
Et une adresse mail : christophecollins357@gmail.com
Son premier roman, L’Etoile de L’Est, sera publié aux éditions 3Cinq7, en décembre prochain.
Découvrez-le, je vous l’assure… Vous ne serez pas déçu !
Livre : Léviatemps, de Maxime Chattam
30 septembre, 2010 à 4:49 | Publié dans Non classé | Laisser un commentaire
Paris, 1900. Guy de Timée, romancier à succès, vit pourtant dans les combles grinçants d’une maison close. Du jour au lendemain, il a tout plaqué. Femme, enfant, amis, réussite, il n’a plus supporté la pression, celle de réussir par tous les moyens, celle d’écrire ce qu’on attend de lui. Il a décidé de se lancer dans un roman policier qui plonge dans les bas-fonds de la civilisation, de ce Paris que le monde entier admire. Il veut être confronté au sang et à la violence. A la mort, qu’il appelle de tout son être. Elle va surgir au milieu de la nuit en la personne de Milaine, jeune prostituée du lupanar, assassinée dans des circonstances particulièrement étranges. Et si elle n’était pas la première ? Qui rode dans les rues de la capitale, dans l’ombre de l’Exposition Universelle ? Quel est le sombre dessein de ce tueur de femme, qui ne laissera bientôt derrière lui que des costumes de peau ?
Tour de force. Ce sont les premiers mots qui me sont venus à l’esprit, alors que j’avançais dans le nouveau roman de Maxime Chattam. Pour le coup, j’ai même osé, dans un coin de mon esprit, le parallèle avec Stanley Kubrick. On retrouve dans ce Léviatemps un tel soucis du détails, un telle précision dans la description des ambiances, une telle justesse dans l’utilisation de la langue que les échos du perfectionnisme de l’auteur de Barry Lindon ou de 2001 résonne entre les lignes de cette aventure littéraire. Autre médias, certes… Mais communauté d’approche. Il faut dire que Maxime en parle depuis longtemps de cette histoire enracinée au cœur de l’exposition universelle, à la charnière d’un siècle qui meurt et d’une nouvelle ère qui s’ouvre pleine de promesse… Et, on le sait maintenant, pleine d’horreurs innommables et de dérives stupéfiantes de la nature humaine. Il en parle et il l’a peaufiné son roman, jusqu’aux jaunes boulons de la Tour Eiffel, jusqu’à la moindre ampoule de cette porte monumentale qui trônait alors sur la place de la Concorde. Vraiment, on s’y croirait…
Mais, qui bene amat, bene castigat, non ? Après avoir fait mon malin avec les cinq seuls mots de latin que je connais, et depuis les années que je suis le sieur Chattam dans chacune de ses évolutions, il me pardonnera ma légère objection : celle qui porte sur le récit en lui-même. Articulé, de façon peut-être trop évidente, sur la formule de l’enquête à rebondissement, l’aventure menée par Guy de Timée, (reflet inversé de l’auteur, pressé d’enfin aborder le monde du polar glauque après de trop nombreux romans « populaires et classiques ») emprunte des chemins balisés… Et mène à un final un rien précipité, presque brouillon, où les motivations de l’assassin ont du mal à s’éclaircir. Fasciné par son décor, l’auteur de la trilogie du mal a-t-il oublié quelque peu la mécanique du récit ? Et surtout l’évolution de ses personnages ? Peut-être… En l’état, Léviatemps reste malgré tout un roman fascinant, qui risque de surprendre plus d’un lecteur-fan de Joshua Brolin. L’éclat d’une époque qui ressemble étrangement à la nôtre, et nouvelle plongée troublante dans la psyché du Mal à visage humain. Avec deux cents pages de plus (oui, oui, c’est bien moi, l’amateur de thriller survitaminé allergique aux scènes trop longues qui rédige ces lignes) Maxime Chattam nous aurait servis un « magnum opus » à ranger aux côtés de l’Aliéniste, ou de From Hell. Mais, peut-être la « suite » de Léviatemps, prévue pour le printemps, achèvera-elle un travail déjà bien engagé ?
Livre : Seul à Savoir, de Patrick Bauwen
28 septembre, 2010 à 4:12 | Publié dans Non classé | Laisser un commentaire
Jeune étudiante en médecine, Marion March tombe follement amoureuse du Dr Nathan Chess, spécialiste de la chirurgie des mains. Mais du jour au lendemain, il disparaît sans laisser de traces.
Quinze ans plus tard, Marion, devenue journaliste, n’a cessé d’aimer Nathan. Sur Facebook, un internaute, « Le Troyen », demande à être son ami, devenant de plus en plus menaçant. Il envoie alors à la jeune femme une photo de Nathan, puis une vidéo où l’on voit le chirurgien, blessé et visiblement prisonnier, demander son aide. Marion, terrifiée, décide d’obéir aux instructions du Troyen, qui la lance dans un sinistre jeu de pistes à travers les Etats-Unis. Pour elle, une seule chose compte : retrouver l’homme de sa vie.
Qui sont vraiment Nathan et Le Troyen ? Quelles sont les vraies motivations de ce dernier ?
Ouvrez le dictionnaire à la lettre « E ». Cherchez le terme « Efficacité ». Il y a fort à parier que la photo de Patrick Bauwen se trouve quelque part, pas loin. Si les auteurs de la génération française du thriller, née peu ou prou avec Jean Christophe Grangé, qui se développe aujourd’hui sans aucun complexe face aux ogres anglo-saxons, trouvent peu à peu leurs marques de fabrique, il ne fait quasi aucun doute que Patrick Bauwen braconne allègrement sur les terres de cette efficacité que j’évoquais en ouverture de paragraphe. Sur un rythme dément, porté par une écriture qui ne s’embarrasse d’aucune fioriture, mais qui n’apparait pas pour autant dénuée de style, « Seul à Savoir » se dévore. Tout simplement. De son premier chapitre, qui sert d’accroche imparable, à la structure chronologiquement éclatée qui nous en apprend autant sur la narration principale que sur l’origine des personnages, la logique du « page-turner » est respectée à la lettre. Seul soucis ? A force de tout sacrifier au rythme, Patrick Bauwen est obligé, pour maintenir la tension, d’enfiler certaines situations et de conjurer quelques personnages aux frontières du stéréotype… Mais soyons bon joueur, c’est la règle dans ce genre d’histoire… et le talent consiste souvent pour l’auteur à nous concocter un plat épicé et roboratif plutôt que totalement original. Un plat d’autant plus amusant lorsque les références culturelles de la génération 80-90, nourrie de cinéma et de série télé, abondent. Autre bon point, l’utilisation des nouvelles technologies et des nouveaux réflexes induits par les réseaux sociaux qui trouvent ici leur place et alimentent la paranoïa nécessaire à la réussite de tout bon thriller. On rêverait simplement que nos gadgets fonctionnent avec la simplicité de ceux des personnages de Patrick Bauwen.
Bref, rythmé, divertissant, nourris de détails médicaux aux allures plausibles, « Seul à Savoir » est le thriller d’automne par excellence.
P.S. Bientôt sur ce blog, une interview croisée Patrick Bauwen, Maxime Chattam, tous deux membre de la Ligue de l’Imaginaire. C’est la Marmotte Exhibitionniste qui va être contente !
Lu : Fragment, de Wareen Fahy
30 août, 2010 à 8:29 | Publié dans Non classé | Laisser un commentaire
Il y a 500 milliers d’années un fragment du grand continent originel s’est détaché pour suivre sa propre évolution ; indépendamment du reste du monde.
C’est cette île – l’île des Henders – que va découvrir le Trident et son équipage, en plein cœur du Pacifique à plus de 2 500 km de toute côte habitée. La confrontation va être stupéfiante et d’une violence inouïe. La flore et la faune de ce petit bout de terre se sont développées selon les règles totalement différentes : les plantes vivent et se battent, les animaux suivent une spirale de vie et de mort incessante. Les scientifiques plongés violemment au cœur de l’énigme la plus extraordinaire de l’histoire de l’humanité s’opposent et s’interrogent : faut-il détruire ou au contraire sauver cette aberration ?
Séance de rattrapage pour ce roman paru l’année dernière chez Lattès et qui avait échappé à mes senseurs ! Depuis le succès phénoménal du Parc Jurassique de Michael Crichton, nombreux sont les auteurs qui ont cherché LA formule du thriller scientifique, le parfait mélange de science et de divertissement. Warren Fahy tente donc l’aventure avec Fragment et… Damned, encore raté ! Dans ce genre de roman, tout est question d’équilibre : marcher sur le fil tendu entre réalisme scientifique et extrapolation plausible, entre émerveillement du lecteur et théorie étonnante, mais pas trop barrée. Avec les dinosaures de son parc d’attraction en folie, Crichton s’appuyait sur une imagerie classique… tout en puisant sans complexe dans des théories alors en pleine révolution : celle du génie génétique.
Warren Fahy essaie de prendre le même chemin… Mais son plat comporte trop d’ingrédients pour vraiment passionner. La faune et la flore de son île perdue ressemble à un fantasme de designer d’imagerie générée par ordinateur, les personnages sont dessinés à grands traits, les scènes s’enchaînent à grande vitesse… sans jamais laissé au lecteur le temps de s’intéresser aux enjeux… Et surtout la narration balance, tel un métronome, entre séquences d’action estampillées « bande-annonce » et discussions scientifiques faussement complexes.
Au final, on obtient un roman plaisant (les éditeurs américains savent, comme personne, exploiter ce genre de pitch…) mais que l’on oublie dès après lecture. Ah ben, un excellent roman de parasol quoi ! Zut… trop tard !
Piratage Post-Mortem : Pirates de Michael Crichton
25 août, 2010 à 11:29 | Publié dans Non classé | Laisser un commentaire
1665, la Jamaïque est une petite colonie britannique perdue au milieu des possessions de l’Empire espagnol. Port Royal, capitale de l’île, n’est pas un endroit où s’établir si l’on veut vivre centenaire: c’est un véritable coupe-gorge où se bousculent aventuriers, loups de mer, filles de mauvaise vie et autres repris de justice. Du point de vue du capitaine Edward Hunter, cependant, la vie sur l’île est riche de promesses. Il faut juste s’y entendre un peu en matière de piraterie… La rumeur circule justement qu’un navire chargé d’or est à quai dans le port voisin de Matanceros. Gouvernée par le sanguinaire Cazalla, l’un des chefs militaires favoris du roi d’Espagne, l’île est réputée imprenable. Qu’à cela ne tienne! Hunter met rapidement sur pied une équipe pour s’emparer du galion. Une femme pirate, fine gâchette dotée de la meilleure vue des Caraïbes, un ancien esclave, muet doué d’une force herculéenne, un vieillard paranoïaque expert en explosifs, et le plus remarquable barreur du Nouveau Monde seront ses compagnons de voyage…
En rupture de Pirates des Caraïbes ? Navré de savoir qu’il va encore falloir attendre deux ans avant de revoir Johnny Depp faire le pitre sur le pont d’un navire abordé par des zombies chercheurs de trésor ? Ne partez pas, le Dr Corthouts a le remède ! Tourt aussi zombifié, puisqu’il nous a quitté il y a presque deux ans, Michael Crichton nous fait parvenir cet opus depuis l’au-delà, avec l’aide précieuse de son éditeur… et d’un agent qui n’allait pas prendre le risque de laisser pourrir un manuscrit « terminé » de l’auteur de Jurrasic Park, au fond d’un tiroir.
Lecteur subtil, tu as remarqué les guillemets que je me suis empressé d’ajouter au mot « terminé ». Lecteur distrait, retourne quelques lignes en arrière, tu verras que c’est vrai, je t’attends. Voilà. Car de fait, si ce « Pirates » toutes les allures d’une histoire complète, sa lecture ressemble tout de même à s’y méprendre à un relevé presque exhaustif des clichés de la piraterie : Port Royal ? Présent ! Donzelles aux mœurs légères ? Présent ! Pirate au grand coeur ? Présent ! Kraken ? Présent ! Vous avez compris l’idée. Dans l’état, « Pirates » ressemble davantage à une sorte de plan particulièrement détaillé (revu et corrigé par un auteur fantôme ? Nul ne le sait et nul ne le saura jamais…), aux prémices d’un livre que Crichton mûrissait tranquillement dans un coin de sa cervelle en ébullition. Ainsi, certaines pistes ne mènent nulle part, certaines péripéties se réduisent à quelques paragraphes… Et dans l’ensemble l’aventure se lit vite. Trop vite même au regard de l’atmosphère, parfaitement rendue, d’une époque où les frontières entre le bien et le mal étaient délicieusement brouillées. En l’état, « Pirates » est une lecture divertissante, témoignage intéressant du travail d’un auteur trop tôt disparu.
Revu : Licence to Kill
10 août, 2010 à 2:52 | Publié dans Non classé | Laisser un commentaireCe qu’il y a de chouette avec les vacances, en plus de sujets journalistiques dont l’inintérêt se confond avec le taux d’images d’archives, c’est la tendance qu’on les chaînes de télé à rentabiliser leur catalogue de films achetés à vil prix. D’où la rediffusion de quelques perles, souvent déjà présentes dans toute DVDthèque qui se respecte, mais avec ce petit plaisir supplémentaire des scènes tronquées, des coupures pub (même à la télévision de service public belge…) et autre qualité sonore discutable. Allez, je sais, je pinaille… Mais c’est l’été et je suis un peu jouette. Il y a peu donc, « Tuer n’est pas Jouer » passait dans le poste ! Second et par là même dernier effort de Timothy Dalton dans le rôle de l’agent 007, cette aventure d’un James Bond vengeur porte la patte, à la réalisation, de John Glen, vieux briscard et ami de la famille, puisqu’il s’est penché cinq fois sur le destin cinématographique de la création de Ian Fleming. Autant dire que malgré un point de départ qui se veut « original », puisque Bond démissionne afin venger son ami de toujours Felix Leiter, les affaires sont rondement menées, dans un mélange de scènes d’actions explosives, de rencontres passionnelles et de conversations à double sens. Malgré l’envie de Dalton de faire de Bond (avec vingt ans d’avance ?) un personnage dur, implacable mais aussi vulnérable, les vieux reflexes ont la vie dure ! Ainsi, le « méchant », Sanchez, un trafiquant de drogue (l’excellent Robert Davi et sa tronche de vérolé) ne peut pas s’empêcher de planquer son labo de transformation de drogue dans un immense temple… lieu nécessaire de la grande explosion finale (ou presque) de tout James Bond qui se respecte.
Le scénario semble lui aussi avoir été tripatouillé pour y faire entrer des personnages et des situations qui n’ont pas leur place : « Q » n’est pas crédible une seule seconde sur le terrain, la scène de « séduction » de l’agent de la CIA handicape le récit et pour finir une « queue d’intrigue » concernant les agents des narcotiques japonais est juste présente pour justifier de façon très malhabile le lien de confiance entre Sanchez et Bond.
Plus positif, le plaisir de retrouver des cascades et des scènes d’action « réaliste ». L’écran vert est peu utiliser et les tôles froissées le sont vraiment, comme dans la scène finale, véritable déclaration d’amour enflammée de Remy Julienne aux « trucks » américains. Les limites du ridicule sont parfois dépassées, mais l’ensemble a tout de même de la gueule et l’ont imagine bien le boulot qu’il a fallut abattre pour ces quinze minutes de finale. Tout cela sans l’aide du moindre ordinateur !
Tuer n’est pas jouer signera le fin d’un ère pour James Bond… Celle d’une production ininterrompue de longs métrages depuis 1963. Empêtré dans des batailles juridiques, EON attendra 1995 pour relancer la franchise sur les écrans, avec Goldeneye… et Pierce Brosnan. Une « refonte » qui n’en est pas une puisqu’elle respecte elle aussi, quasi à la lettre, le cahier des charges établis par Albert Broccoli lors de la sortie de Dr No… Mais j’y reviendrais.
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