Patrick Graham : L’Apocalypse Selon Marie

9 février, 2010 at 2:21 | In Non classé | Leave a Comment

Un ouragan se déchaîne sur La Nouvelle-Orléans. Tandis que la ville lutte contre les éléments, une bataille plus cruciale se livre en coulisses : l’affrontement final d’une guerre sans merci, dont les origines remontent à la Création. Et l’issue de ce combat pourrait bien dépendre de l’agent spécial Marie Parks… Et sa capacité à protéger la fragile Holly des forces démoniaques lancées à ses trousses. Mais ces télépathes venus du fonds des âges sont-ils les vrais ennemis lorsque la frontière entre le Bien et le Mal se fait de plus en plus floue ?

Il fallait oser. Se lancer, dès son second roman, dans une aventure épique dont l’inspiration est sans aucun doute à chercher du côté du Fléau de Stephen King, on encore de l’Echiquier du Mal, de Dan Simmons. Patrick Graham n’a peur de rien et risque le tout pour le tout dans un roman qui étire sa narration dans toutes les directions. Géographiquement, d’abord, cet Apocalypse s’étend sur l’entièreté du globe… au travers de vignettes que ne renierait pas ce catastrophiste de Roland Emmerich (réalisateur d’Independance Day, Le Jour d’Après ou le tout récent 2012). Temporellement ensuite, avec une histoire qui remonte aux origines de l’homme, dans un décor préhistorique baigné de magie et d’affrontement ultime. Narrativement enfin, avec de nombreux fil qui s’entrecroisent, alors que l’aventure prend des allures épiques, spectaculaires et pyrotechniques. Mais… Parce qu’il y a un mais… Mais finalement, Patrick Graham n’a-t-il pas eu les yeux plus grands que la plume ? A force de tisser son histoire sur un canevas de plus en plus vaste, on sent peu à peu les personnages lui échapper, les situations se simplifier à outrance… Pour finir par déboucher sur un affrontement entre le bien et le mal qui se résume à une explosion dans une clairière au bord du Mississipi… Et surtout des personnages aux motivations de plus en plus floues. Simple exemple : pourquoi le directeur du FBI ne dit-il pas tout simplement au plus brillant de ses agents, que la petite fille qu’elle protège est le remède que la planète attend ? Ces « trous » étranges dans la narration qui interviennent dans la toute fin du roman laissent entrevoir un manuscrit plus long, que l’éditeur a peut-être eu « peur » de laisser se développer totalement, au risque de friser avec un opus major de près de mille pages. Cela serait une question intéressante à poser à Patrick Graham, lors d’un prochaine rencontre…

Ceci posé, l’exercice du « grand thriller fantastique et apocalyptique » est assez risqué pour saluer cet effort avec tous les honneurs et se réjouir à l’avance de découvrir le prochain Graham, programmé pour mars prochain.

Lecture : Deep Storm, Lincoln Child

19 janvier, 2010 at 1:28 | In Non classé | Leave a Comment

Peter Crane, ancien médécin pour la Marine, est appelé d’urgence sur une plateforme pétrolière perdue au milieu de la mer du Nord pour enquêter sur plusieurs cas de maladies inexpliquées.
Sur place, il réalise que les personnes atteintes travaillent sur un site classé top-secret, posé sur le fond de la mer quelque 2700 mètres sous la surface.
Il devra se rendre sur place pour les besoins de son enquête, là-même où se déroulent les fouilles visant à percer le secret de l’un des plus grands mystères de l’humanité : l’Atlantide…

Aux commandes d’une carrière d’auteur de thriller fantastique à succès avec son comparse Douglas Preston, Lincoln Child avait sans doute quelques heures à tuer, puisqu’il s’est lancé, depuis quelques années maintenant, dans une carrière solo… qui risque bien de connaître la même courbe ascensionnelle que celle qu’il poursuit en duo ! Et pour cause ! Avec une efficacité rare, l’auteur mixe des éléments scientifique avec une petite dose de mythe ancien pour concocter une histoire parfaitement charpentée et placée sous le signe du suspense et des révélations en cascades. Une fois collé au basque de Peter Crane, le personnage principale de cette aventure qui n’est pas sans rappeler Abyss de James Cameron, le lecteur aura toutes les difficultés de poser le roman, pressé d’en connaître les tenants et les aboutissants. De fait, ce Deep Storm ne vogue pas sous la bannière d’une époustouflante originalité, mais lorsque le steak archiduc est préparé avec une maestria, il vaut toutes les cuisines moléculaires du monde, non ?

Rattrapage Livre : Legende, de David Gemmell

13 novembre, 2009 at 12:58 | In Non classé | Leave a Comment

legendeUlric est le chef de guerre qui a su pour la première fois rassembler les sauvages tribus nadirs sous un même étendard. Il poursuit avec son immense armée l’implacable extension de son nouvel empire. Druss, guerrier vétéran, est une légende, il a été de toutes les campagnes au temps de son âge d’or. Aujourd’hui au terme de sa vie, il reprend une dernière fois les armes pour sauver l’honneur de sa patrie.

Que les choses soient claires. Je n’aime pas la fantasy. Plus exactement, la direction empruntée par une certaine fantasy. Celle qui confond épique et soporifique, celle qui développe sans fin des univers de plus en plus complexes où le nombre de pages enfle de façon inversement proportionnel à l’intérêt de la narration, celle enfin qui se décline en un nombre de volumes tellement important qu’il ne peut être le résultat que d’une étude approfondie de la couleur de la boucle de ceinture du cinquième cavalier en partant de la gauche, lors de la fameuse bataille de Yark Gouslock, en 24 après l’ère des Valkussss ‘Na. Vous me suivez ? Biberonné à l’efficacité sauvage d’un Moorcock et incapable, jusqu’à aujourd’hui, de lire le Seigneur des Anneaux dans son intégralité, je regardais les couvertures et surtout l’épaisseur des volumes de la fantasy « moderne » avec la circonspection d’un vampire devant sa première flasque d’eau bénite.

Et vous me voyez venir… Si je me suis fendu de cette introduction, pas trop mal balancée ma foi, c’est pour vous asséner ensuite un joli « Heureusement David Gemmell n’est rien de tout cela ».

Regardez.

Heureusement, David Gemmell n’est rien de tout cela ! Et je viens de le découvrir, par la grande porte, avec la lecture de « Légende », son premier roman paru ! Là, pour le coup, c’est vrai que l’aventure s’étale sur cinq cents pages… Mais l’ombre de Moorcock plane bien sur ce récit ! Sauvage, rapide, sexiste, teinté d’une petite touche de fantastique et avant tout sans concession, la geste de Druss et ses compagnons sur les rampars de Dros Delnoch est un véritable enchantement pour l’imaginaire. C’est à peine si l’on constate une petite baisse de rythme à l’orée de la grande bataille, une petite cinquantaine de page où les tergiversations et les interrogations des uns et des autres risquent pour quelque lignes de voir retomber la tension. Pour le reste, c’est rutilant, barbare et forcément porteur d’une idéologie limite extrémiste qui n’est peut-être pas à mettre entre toutes les mains… Mais qui est à ranger dans les plaisirs politiquement incorrect de l’imaginaire en roue libre !

Petite Publication

4 novembre, 2009 at 1:49 | In Non classé | Leave a Comment

jpg_PM_NOUVELLES_EROS_couv_250Une nouvelle inédite… Publiée dans le cadre des Hors Série Nouvelles de la Revue Phenix.

Bonne lecture !

http://www.phenixweb.net/Hors-serie-Eros-dans-tous-ses

 

Happy Halloween !

1 novembre, 2009 at 1:26 | In Non classé | Leave a Comment

Aaaaah, là je ne pouvais absolument pas passer à côté !

 

 

 

Critique Livre : La Forêt des Mânes, J.C. Grangé

29 octobre, 2009 at 2:59 | In Non classé | Leave a Comment

grange_maresA Paris, Jeanne Korowa, brillante juge d’instruction à la vie affective désastreuse enquête avec François Taine sur une série de meurtres particulièrement sauvages : démembrements, cannibalisme, et mises en scène macabres. Trois plantureuses Vénus atrocement dévorées, trois tableaux sanglants entre rituel et folie. Abusant de son autorité, Jeanne fait installer des micros dans le cabinet d’Antoine Féraud, le psychanalyste qui reçoit chaque semaine son ex petit ami, et tombe par hasard sur une séance étrange où un père révèle les pulsions sanguinaires de son fils autiste et son passage à l’acte. Autisme, fécondité, préhistoire : trois pistes qui mèneront Jeanne, au Nicaragua, au Guatemala, puis dans les marais argentins. Au terme de sa quête, dans la forêt des Mânes, elle découvrira une vérité qu’on aurait préféré ne jamais connaître.

Ah, va-t-il en être des romans de JC Grangé comme des épisodes cinématographiques de Star Trek ? Que je vous explique : pour les trekkies, une règle d’airain s’est établie au fil du temps. Un Star Trek sur deux surprend, divertit et casse la baraque. L’autre bascule généralement dans la formule un rien bâclée, les personnages de cartons pâtes et les aventures pas plus excitantes que l’amerrissage d’un moustique sur le lac Léman. L’année dernière, Jean Christophe Grangé nous avait enchanté, c’est le cas de le dire, avec son Miserere et ses extrémistes sectaires coursés par des flics durs à cuir. Cette année, le voilà de retour avec un tueur en série, une pointe de cannibalisme, une bonne couche de déviance psychiatrique, un louche d’exotisme, juste ce qu’il faut d’exploration scientifique et un personnage féminin aux reliefs faussement compliqués. Le tout pourrait encore se lire avec plaisir – on ne peut pas enlever à Grangé ses qualités d’écrivains, son sens du suspense et le sérieux de ses recherches – si de fâcheuses invraisemblances ne venaient nous arracher, de loin en loin, au flot de la narration. Une juge d’instruction qui se déguise en pompier pour sauver son ami des flammes ? Une écoute « pirate » qui débouche sur une série d’indices essentiels à l’éclaircissement du mystère ? Face à un tel festival on n’est même plus surpris lorsqu’arrive un final qui sacrifie aux règles encore et toujours convenues du pseudo « retournement de situation » téléphoné.

Reste un thriller de bonne facture formelle… Mais qui résonne, fondamentalement, comme une redite aux chemins tortueux… mais balisés.

Reflexe Corporatiste ?

2 octobre, 2009 at 9:35 | In Non classé | Leave a Comment

« L’Affaire »‘ Polanski… Je dois avouer que j’étais en train de structurer ma pensée dans cette direction, lorsque mon bon ami Christophe Mavroudis m’a orienté vers cet article… Qui dit ce que je pense avec une simplicité et une rigueur que je n’aurais sans doute jamais pu atteindre !

Merci qui ? Merci Christophe Mavroudis !

http://www.damienperrotin.com/polanski.html

La Lignée, de Guillermo Del Toro et Chuck Hogan

16 septembre, 2009 at 10:53 | In Non classé | Leave a Comment

ligneeOh, que voilà un exercice difficile. Offrir au vaste monde de la littérature de l’imaginaire une relecture un tant soit peu originale du mythe du vampire. En ces temps ou la tendance est davantage aux déclinaisons adolescentes et aux amourettes interdites entre suceurs de sang et jeune lycéenne complexée, Guillermo Del Toro (monsieur Labyrinthe de Pan, Hellboy et autre Echine du Diable, bientôt réalisateur du Hobbit sous le haut parrainage de Peter Jackson…) et Chuck Hogan (jeune valeur montante du thriller…) empruntent les chemins excitants d’une aventure scientifique rythmée comme un tube de hard-rock.

Un avion en rade en bout de piste, du côté de l’aéroport de JFK, des passagers frappés par un prédateur/virus inconnu… Il n’en faut pas plus pour alerter le Dr. Eph Goodweather et son équipe de spécialistes des menaces virales. Dans le même temps, Abraham Setrakian, survivant des camps d’extermination nazi et chasseur de vampires devine l’arrivée d’un vieil ennemi sur le sol américain.

Classique ? C’est sans compter la richesse de la mythologie que Del Toro insuffle au cœur d’un récit qui laisse le lecteur à bout de souffle ! Avec un sens aigu de la mise en scène, du suspense, La Lignée jette les bases d’une trilogie qui devrait faire date dans le petit univers de la littérature de genre. Les images évoquées par Chuck Hogan s’impriment dans les esprits et les relents d’Apocalypse qui flottent sur le fin du récit annonce une suite de la meilleure eau.

La Lignée, ou l’association géniale entre l’imaginaire d’un metteur en scène visionnaire et la plume acérée d’un auteur en pleine possession de son art.

Vite, la suite !

Un Roman Français, la rentrée de Fred !

4 septembre, 2009 at 9:26 | In Non classé | Leave a Comment

romanEt oui ! Parfois il m’arrive de lire d’autres trucs que des histoires pleines de serial-killers, de voitures de police et d’autopsies improvisées en gros plan par des adeptes du couteau de boucher rouillé ! Vous savez, ces romans avec des couvertures toutes simples (ici, elle est jaune pâle…) dotée d’un bandeau qui hurle à la face du monde le nom de l’auteur (parce que, de toute façon, le titre, y a des chances que personne ne va le retenir…) et dont les journaux/radio/télés parleront durant les quinze premiers jours de la rentrée littéraire (cet étrange embouteillage livresque qui ne semble se définir qu’en nombre de titres sortis, en polémiquettes et autres « premier roman » de jeune femme apparemment propre sur elle qui ont passé leur été à se faire prendre par des danois (les chiens, pas les étudiants au(x) paire(s)), ça y est je viens d’inaugurer l’effet de la parenthèse dans la parenthèse, je vous dis pas le bazar quand je fais devoir refermer tout cela… Il va y avoir des courants d’air, c’est certain.)

Où en étais-je ? Ah oui, j’ai lu le dernier roman de Fred. Ah lala. Fred, je l’aime bien. Oui., Lorsqu’il prend la pose sur le plateau de Canal Plus, ou qu’il s’amuse à mettre notre époque en boite, au fil de magnifiques mises en abîme où les publicitaires shootés et les femmes faciles défilent comme à la parade entre deux name-droping bien casse burne pour le landerneau du show-bizzzzz. C’est blinquant, c’est drôle et surtout cela dit pas mal de chose sur notre époque… Mais là, Fred, je dois bien avouer que j’ai trouvé la lame un peu émoussée. Tu me diras que tu préviens dés le départ. Tu vas te retourner sur une enfance plutôt banale, tu avoues que tu as plutôt vécu le cul dans le beurre et que tes jérémiades risquent de passer pour les braillements un peu ridicules d’un pauvre petit garçon riche qui n’ose pas regarder la réalité en face… Et surtout tu t’empresses à tour de page d’accuser, de façon un peu bateau tu en conviendras, la société, l’évolution des mœurs ou encore les résurgences psychanalytiques, de tous tes maux. Ce que j’ai adoré dans ce roman c’est lorsque tu t’accuses d’avoir été un enfant avec un esprit d’adulte… Puis un adulte avec un esprit d’enfant. Je n’ai pas ton sens de la formule, mais tu te souviens du passage, je suppose ? Ailleurs, c’est toi qui hurle aussi que les parents s’explosent l’esprit à force de tout sacrifier à leur progéniture, de s’oublier dans un obligatoire sacrifice sur l’autel de la génération qui vient… Tu ne m’en voudras donc pas de reprendre l’argument et de ne pas sacrifier mon esprit critique et mon plaisir de lecteur à l’enfant-gâté de la littérature qui a rédigé ce roman français. Il ya des fulgurances dans tes pages de rentrée Fred, des vrais morceaux de tendresse et d’émotions… Mais il y aussi des accès de nombrilisme fatiguant, des croisades puériles, des clichés que tu as toi-même trop bien explosé/exposé dans tes autres romans. Je crois que tu as écrit ce roman avec sincérité, mais avec le nez collé contre le rétroviseur… Du coup, la route devant, l’intérieur de la berline, le décor, tout ça… C’est de l écriture automatique, de la provoc’ de prisu et du bon mot en boite. Je voudrais bien que tu oses, Fred. Ecrire un autre livre de Beigbeder. Comme Windows of The World tiens…

Devoir de Vacances : The Lovely Bones, d’Alice Sebold

14 août, 2009 at 11:18 | In Non classé | Leave a Comment

lovely_bonesJe me souviens très bien de la dernière fois qu’un texte de fiction est parvenu à m’émouvoir aux larmes… Il s’agissait d’une nouvelle de Dean Koonz, parue dans son recueil intitulé « Strange Highways ». Depuis ces temps révolus, mon cœur s’était sans doute recouvert d’une solide couche de béton armé, coulée au fil des lectures sanglantes et immorales de trop nombreux thrillers sans concession ! Jusqu’à ce que je me lance dans la lecture, tardive je dois l’admettre, de « La Nostalgie de l’Ange », alias « The Lovely Bones », de Alice Sebold. Prochain film de Peter Jackson, ce roman atypique raconte les conséquences du meurtre horrible d’une gamine, Susie Salmon, sur un univers familial et scolaire de l’americana. L’originalité ? Le roman nous est raconté du point de vue de Susie, installée dans « son » paradis, mais capable de voir son petit monde évoluer au fil des saisons, des crises, des amours et des déceptions… Evacuant toute référence bondieusarde, Sebold tisse un récit émouvant, fort, graphique et totalement humain. S’éloignant clairement des clichés du genre, traitant la plupart des scènes « obligatoires » de ce type de roman avec fraîcheur, elle parvient à exprimer avec une force inédite l’horreur et le vide engendré par la disparation d’un enfant. Dans le même temps, Alice Sebold rend un vibrant hommage à la force de l’esprit humain et termine son récit sur une note d’espoir fabuleuse. Un formidable mélange de larmes et de rire que Peter Jackson aura fort à faire pour égaler sur grand écran en décembre prochain. Mais vu que l’on parle de l’homme qui est parvenu à dompter Le Seigneur des Anneaux, tous les espoirs sont permis…

Le lien vers la bande annonce du film : http://www.lovelybones.com/

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